La méthode ou technique Pécunia

Je pratique depuis 1993 à titre quasiment exclusif  l’ostéopathie structurelle selon la technique enseignée par la Société Française de Médecine Mécanique fondée en 1975 par le Docteur Albert Pécunia, après une trentaine d’années de pratique et de recherche personnelle. 

Par ostéopathie structurelle, on entend les traitements manuels qui visent à l’action réparatrice mécanique de certaines pannes de la structure de l’appareil locomoteur : les articulations en premier lieu mais aussi les ligaments qui les protègent, ainsi que les muscles et leurs prolongements tendineux qui en procurent la mobilité.

J’ai choisi la technique Pécunia, car l’expérience en démontre l’efficacité, la simplicité et la logique. Souffrant de très rares contre-indications, elle est la plupart du temps immédiatement et spectaculairement efficace sur bon nombre de douleurs articulaires chroniques ou aiguës  (du cou, du dos, de la région lombaire, d’une épaule, d’un genou, d’un poignet  etc. …) mais aussi sur les effets à distance et différés (maux de tête, névralgie d’Arnold, vertiges, nausées, douleurs abdominales diverses, douleurs gynécologiques ou testiculaires, sciatiques, cruralgies, névralgies cervico-brachiales, névralgies et tendinites diverses du membre supérieur et du membre inférieur…)

Même s’il m’arrive en complément de recourir à l’ostéopathie viscérale ou à d’autres techniques dérivées de la mésothérapie (Hydrotomie Percutanée voir FAQ question 21), la restriction volontaire de mon champ d’action à une seule technique parfaitement maîtrisée me semble être la seule garantie d’un geste sûr, précis et efficace.

LA MÉTHODE PÉCUNIA :

TECHNIQUE DE RESTAURATION DE LA MÉCANIQUE ARTICULAIRE GRIPPÉE

Chute d'un escabeau Chute d'un trottoir Chute de vélo

Les douleurs chroniques s’installent souvent dans les suites d’un traumatisme, pas forcément aussi violent et spectaculaire que dans les exemples ci-dessus…

La méthode Pécunia permet de supprimer l’existence d’une panne articulaire commune à toutes les articulations, le grippage articulaire, d’origine traumatique, et réductible, c’est-à-dire résorbable par une manipulation appropriée. 

À l’instant T d’un traumatisme corporel quel qu’il soit  (chute,  » coup du lapin « , coup porté, effort de soulèvement incontrôlé…) l’énergie déployée exerce une contrainte instantanée en pression sur les surfaces articulaires qui se rapprochent, s’impactent, et l’articulation se fixe, les surfaces articulaires devenant adhérentes l’une à l’autre par un mécanisme pouvant s’apparenter à un effet de ventouse. Le liquide synovial qui lubrifie et qui nourrit l’articulation ne remplit alors plus correctement son rôle.

Les ligaments externes et internes qui maintiennent normalement la bonne cohésion de l’articulation seront distendus et étirés d’un côté, et de rétractés l’autre.

Un œdème apparaît autour de cette articulation. Toute cette zone devient alors très douloureuse.

Avec le temps, une telle lésion entrainera une dégénérescence cartilagineuse (arthrose), une instabilité articulaire provoquant des entorses  articulaires récidivantes, et des douleurs chroniques.

La méthode Pécunia est basée sur un examen à la fois finement palpatoire et comparatif, mais également visuel.

Observez quelqu’un qui souffre d’une épaule et demandez-lui d’élever symétriquement les bras au-dessus de la tête : l’épaule douloureuse est limitée dans ses mouvements par rapport à celle qui ne souffre pas.

C’est la même chose pour un coude, pour un genou, une cheville, un poignet dont les flexions extensions sont perturbées et symétriques par rapport à l’homologue sain. Il en va de même pour les rotations ou les flexions-extensions du cou, qui peuvent être largement limitées d’un côté, ou pour la distance mains-sol en flexion avant lombaire qui se trouve diminuée par rapport aux capacités habituelles.

Le grippage articulaire est la cause des  douleurs et des limitations d’amplitudes articulaires qui s’installent dans les suites d’un traumatisme, d’un effort de soulèvement, ou d’un faux mouvement et qui n’existaient pas avant : douleurs cervicales avec maux de têtes et vertiges après un « coup du lapin » en voiture, douleur d’un genou après une chute de ski, « mal aux reins » après une chute sur les fesses un jour de verglas, douleurs et impotence d’une épaule après un match de tennis intense…

Dans tous les cas, on constate une asymétrie de fonction et d’amplitude de mouvement articulaire entre le côté sain et le côté atteint ( pour exemple ci-dessus, un genou grippé)

C’est la même chose pour la comparaison des degrés de rotation à droite et à gauche d’un cou, ou des flexions-extensions d’un poignet, d’une cheville ou d’un coude grippé par rapport au côté indolore.

Cette asymétrie de fonction concerne aussi indirectement les hanches lorqu’il existe un grippage sacro-iliaque ( 3ème vidéo en bas de page ) 

Le but de l’intervention manuelle est de rétablir la fonction articulaire normale, et donc la parfaite symétrie de cette fonction articulaire, perturbée par un événement traumatique souvent accidentel. À partir du moment où le fonctionnement très fin de la machinerie articulaire est rétabli, on assiste à la disparition des douleurs, des raideurs, et du cortège de symptômes inflammatoires qui les accompagne.

Dans la plupart des cas, les examens de première intention tels que des radiographies ne dévoilent rien d’anormal, et pourtant, la douleur est bien là, tenace, persistante malgré des traitements médicamenteux bien suivis, des séances de kinésithérapie, le repos. Les jours passent, l’œdème de l’entorse de cheville régresse et laisse place à des douleurs locales qui n’ont plus rien à voir avec l’inflammation développée immédiatement après l’accident.

Les douleurs liées au grippage d’une articulation ont souvent une expression majorée au repos prolongé : Elles sont classiquement plus intenses le matin au lever, avec un temps de dérouillage plus ou moins long ou aux reprises de mouvement après des positions statiques prolongées en journée. C’est la « mise en route » en sortant du canapé ou du fauteuil de cinéma.

Inversement,  l’activité et l’échauffement musculaire peuvent entrainer une amélioration temporaire.

Ainsi, l’articulation « grippée »  n’est pas  « bloquée »  :  elle fonctionne, mais avec des performances anormales et un jeu faussé.

Le geste ostéopathique structurel constitue donc une alternative de choix pour supprimer cette dysfonction articulaire consécutive d’un événement unique et ponctuel : le traumatisme ou le faux mouvement.

Dans la mesure où un seul accident, un seul traumatisme, un seul faux-mouvement a entrainé le problème, un seul geste thérapeutique est la plupart du temps suffisant pour supprimer définitivement le ou les dysfonctionnements articulaires, un peu comme si la séance d’ostéopathie constituait un acte ou une série d’actes mécaniques assimilables à l’action mécanique du traumatisme initial, mais pratiqués en sens inverse.

Le traitement manuel, qui est par définition doit être d’une innocuité parfaite, sera donc pratiqué avec les bonnes indications, déterminées par l’interrogatoire du patient, l’histoire de son problème, associé à un examen clinique médical complet et à l’étude attentive des examens paracliniques (radiographies, scanner, l’I.R.M., résultats biologiques, etc.)

Il faut à ce sujet savoir en ce qui concerne l’imagerie et en particulier les radiographies que ces dernières peuvent être déclarées « normales » par le médecin radiologue. Et elles le sont bel et bien, alors le dysfonctionnement manifeste de la zone radiographiée est important, voire très douloureux.

Le grippage articulaire est néanmoins souvent visible sur une radiographie déclarée normale, soit directement, soit par un certain nombre de signes indirects. Ainsi, en plus de l’œil exercé du médecin radiologue qui permet d’écarter des problèmes graves de la structure anatomique et osseuse, il faut ajouter celui, très différent et complémentaire, du médecin ostéopathe et qui plus est, du « médecin ostéopathe Pécunia ».

La méthode Pécunia s’adresse donc aussi bien aux douleurs aiguës, liées à un accident récent, qu’aux états douloureux chroniques auxquels on peut être habitué depuis des années et trop souvent attribués à « l’arthrose »  ou à la présence d’un pincement discal, et dont l’origine post-traumatique en vient à être oubliée : lombalgies chroniques, cervicalgies chroniques souvent accompagnées de céphalées récurrentes, injustement étiquetées migraines parce qu’aussi réactives aux antalgiques ou aux traitements de fond classiques, dorsalgies s’aggravant au moindre stress, douleurs chroniques d’un genou accompagnées de radiographies normales…

Le champ d’indications de la méthode Pécunia est donc extrêmement large, dès lors que l’on comprend qu’un traumatisme ou un faux mouvement qui porte une articulation au-delà de son degré de fonctionnement normal, entraîne une perturbation de la précision du jeu articulaire. 

Cette perturbation, ce grippage articulaire, se caractérise par l’adhérence accidentelle des surfaces cartilagineuses d’une articulation, vraisemblablement par expulsion localisée du film de liquide synovial lubrifiant. 

Il se crée un véritable effet de ventouse interarticulaire qui limite les amplitudes normales de l’articulation, dont les surfaces sont en situation d’hyper-friction, avec constitution d’un œdème inflammatoire et plus tard d’une dégradation du cartilage articulaire.

Ce gauchissement articulaire entraîne des perturbations en cascade de tout le système musculo ligamentaire, qui rentre dans un état inflammatoire, avec contractures musculaires réflexes et douloureuses.

 …Docteur, j’ai très mal au cou depuis mon accident de voiture
et on me dit qu’il n’y a rien sur les radios !

Le traitement manuel, qui est par définition doit être d’une innocuité parfaite, sera donc pratiqué avec les bonnes indications, déterminées par l’interrogatoire du patient, l’histoire de son problème, associé à un examen clinique médical complet et à l’étude attentive des examens paracliniques (radiographies, scanner, l’I.R.M., résultats biologiques, etc.)

Il faut à ce sujet savoir en ce qui concerne l’imagerie et en particulier les radiographies que ces dernières peuvent être déclarées « normales » par le médecin radiologue. Et elles le sont bel et bien, alors le dysfonctionnement manifeste de la zone radiographiée est important, voire très douloureux.

 

ET EN PRATIQUE …

Le geste manipulatif en technique Pécunia est très simple.

Contrairement à d’autres techniques structurelles et c’est ce qui en fait sa grande originalité, il est axial. Il ne fait appel à aucune rotation, aucune torsion, pas plus qu’on ne porte l’articulation au-delà de son amplitude naturelle en forçant. On respecte ainsi l’intégrité anatomique articulaire, quelles que soient les articulations sur lesquelles on agit.

Il s’agit aussi d’une technique qui considère l’individu dans sa globalité, ce qui revient à dire que pour une douleur d’épaule, la normalité des chevilles des genoux ou du bassin etc. sera systématiquement vérifiée au cours de la séance.

Pour une articulation périphérique (épaule, coude, genou, cheville etc.) l’action peut se résumer en trois étapes : Traction axiale, Décoaptation, et Remodelage, le tout en un seul geste et c’est pour cette raison que l’on parle de DRAC : Décoaptation Remodelage Articulaire Cinétique.

Ce geste s’accompagne bien souvent d’une perception de ressaut articulaire interne que seuls le patient et l’opérateur ressentent. Il ne s’agit jamais d’un craquement bruyant que l’on entend.

Immédiatement après le geste manuel, on vérifie que la symétrie de fonction est normalisée par rapport au côté sain.

Les articulations sacro-iliaques (les articulations du bassin), très difficiles à mobiliser car très puissantes, profondes, et recouvertes de fibro-cartilage,sont traitables en technique Pécunia de manière certes peu élégante, mais très efficace : la percussion. Vous en trouverez l’illustration sur une des vidéos jointes en fin d’article, le traitement des articulations sacro iliaques étant la clé de voûte du traitement de la colonne vertébrale.

Pour le traitement de la colonne vertébrale, le principe de traction axiale est également appliqué. L’idée est d’apporter à la traction une vitesse instantanée, c’est à dire une impulsion vive, sèche et très brève. On effectue donc une Traction Axiale Manuelle Instantanée Décompressive (TAMID).

C’est la grande différence par rapport aux tractions vertébrales encore très couramment pratiquées de nos jours, souvent en milieu rééducatif, qui consistent en des mises en tension très progressives et répétées de l’axe vertébral, sur des durées de plusieurs minutes.

De surcroit, le patient est mis dans une position pendulaire, inversée la tête en bas, ce qui permet d’avoir déjà par le concours de la simple pesanteur, une modification des courbes naturelles de l’axe vertébral. Pour ce faire, on utilise une table d’inversion, qui permet d’amener le patient la tête en bas de manière progressive et en toute sécurité.

La traction, qui peut se faire soit à partir de la tête, soit à partir du thorax, a une action globale mécanique sur les articulations intervertébrales postérieures. Elle vise donc à éliminer en une fraction de seconde les adhérences articulaires (« grippages »), souvent d’origine post-traumatique, qui entravent la fonction normale et qui sont à l’origine de douleurs et de symptômes divers.

Une autre alternative à la traction pendulaire verticale est la traction axiale manuelle instantanée horizontale. Pour ce faire, on utilise un collier de traction, qui garantit la pureté axiale du geste, avec deux points d’appui mandibulaire et sous occipital. Cette forme de traction est particulièrement adaptée aux personnes qui appréhendent de se retrouver la tête en bas. En un seul geste, la traction produit un dégrippage des étages cervical dorsal et lombaire. Là encore, pas de craquements audibles par le spectateur ou l’opérateur, mais la perception de ressauts internes et indolores pour le patient et qui ne sont sonores que pour lui-même.

Toute impressionnante que puisse paraitre cette technique, elle est d’une innocuité parfaite, en particulier au niveau cervical pour les éléments vasculaires et neurologiques proches.

Cette innocuité repose sur des bases anatomiques, physiologiques et biomécaniques basées essentiellement sur la visco-élasticité du rachis* ainsi que sur des études mécaniques et physique (fibre neutre*, poutre d’égale contrainte*, flambage-déflambage*). Ces notions permettent de bien comprendre ce qui se passe au niveau articulaire et intervertébral lorsque l’on effectue une traction axiale en vitesse instantanée. Il serait trop compliqué d’en détailler ici les tenants et aboutissants. Plusieurs études ont été réalisées et démontent l’efficacité et l’innocuité de la technique. Des centaines de milliers de patients ont été traités depuis 1950 par les médecins français et étrangers qui pratiquent la technique Pécunia.

Une thèse de Doctorat en Médecine, illustrant les indications et l’innocuité de la traction dans l’axe en vitesse instantanée sur le rachis a été validée à LYON en 1992 avec l’aval des professeurs Gilles PERRIN ET Alain GOUTELLES, à l’Hôpital Neurologique Pierre Wertheimer. (Voir l’onglet Bibliographie)

Il est intéressant de savoir que les techniques de traitement axial de la colonne vertébrale étaient déjà utilisées dans l’Antiquité, comme en témoignent des manuscrits étrusques. L’histoire ne dit pas si le Docteur Pécunia s’en était inspiré ou non la première fois qu’il a traité quelqu’un dans l’axe !

De par sa spécificité, la technique Pécunia présente néanmoins quelques contre-indications qui concernent surtout la mise en position pendulaire : la pathologie artérielle anévrismale, les prothèses artérielles, les valves cérébrales, l’hypertension artérielle très élevée, le décollement rétinien et l’œil récemment opéré sont des contre-indications qui relèvent du bon sens, et qui n’interdisent pas la  traction horizontale au collier à condition de doser l’intensité tractionnelle de manière optimale.

La prothèse de hanche ou de genou ne sont pas des contre-indications à la traction pendulaire, et encore moins horizontale, à condition d’adopter quelques précautions de positionnement.

Les malformations rachidiennes instables susceptibles de menacer la moelle épinière sont des contre-indications évidentes, en particulier au niveau cervical. Le bloc cervical n’est pas une contre-indication à la traction axiale, pas plus que le syndrome d’Arnold Chiari dans ses formes frustes.

L’ostéoporose n’est pas une contre-indication si la force tractionnelle est adaptée.

L’arthrose, même d’évolutivité importante, n’est pas une contre-indication à la traction axiale instantanée, bien au contraire. (Voir onglet FAQ)

*Un corps est dit « visco-élastique » s’il reprend sa forme initiale lentement après l’action d’une force à visée déformante : un ressort n’est pas visco-élastique, il est élastique tout court. La mousse des oreillers à mémoire de forme est visco-élastique. Le disque intervertébral aussi dans ses variations de hauteur jour/nuit par  déshydratation/réhydratation.

* La colonne vertébrale est assimilable à une « poutre d’égale contrainte » en situation debout : Quel que soit le niveau de coupe horizontale, la pression exercée sur la surface de la section de coupe par le poids des éléments sus-jacents à la coupe reste la même, dans la mesure où le diamètre de la coupe augmente au fur et à mesure qu’on descend. Le plus bel exemple commun de poutre d’égale contraintes est la tour Eiffel.

* Fibre neutre , Flambage/Déflambage :   imaginez  une règle d’écolier de section carrée en plexiglass : vous pouvez facilement l’incurver dans un sens ou dans l’autre si vous la prenez à deux mains et appliquez une force déformante pour faire le geste de la briser : Vous effectuez ainsi des mouvements qui ont en terme de physique, une action dite de flambage et de déflambage sur cette règle. Lorsque vous la courbez vers le bas, sa partie supérieure s’allonge légèrement et sa partie inférieure se rétrécit, et inversement, si vous la courbez vers le haut. Au niveau de l’axe central de la règle, il existe une zone qui bien que soumise aux mêmes forces de déformation, ne varie pas en longueur : c’est la fibre neutre de la règle. La colonne vertébrale, lorsqu’elle est soumise à une traction axiale, ou à n’importe quel mouvement, se flambe et se déflambe. La moelle épinière est sa fibre neutre.

Ci-dessous, des vidéos illustrant de manière très schématique les principes de base du traitement manuel en technique Pécunia. Il faut bien garder à l’esprit qu’il s’agit simplement de démonstrations et que les moyens mis en œuvre sont adaptés à la pathologie à la morphologie et à l’âge de chaque patient.

Pour plus de précisions, consultez la Foire aux Questions (FAQ) du site, question n° 6.  Et surtout…. n’essayez pas de reproduire ces gestes ! 

LA MÉTHODE PÉCUNIA EN VIDÉO

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