« OSTEOPATHES » ET « OSTEOPATHIES » : LE GRAND TOUR D’HORIZON …

…ou petite mise au point sur l’explication des différences et savoir qui on consulte.

 

Depuis le milieu des années 2000, l’ostéopathie connaît un engouement important, et justifié.

Qui ne connaît pas dans son entourage quelqu’un qui a vu ses symptômes disparaître très rapidement grâce à l’ostéopathie, alors que les traitements médicaux conventionnels n’étaient que partiellement efficaces, et souvent inefficaces à long terme ?

Cependant, la notion exacte de l’ostéopathie demeure souvent bien vague… L’ostéopathie (du grec Osteon qui signifie os et Pathos qui généralement signifie affection, maladie) se définit comme une thérapie appliquée à l’aide des mains, visant à réharmoniser un organisme malade.

Mon but ici n’est certainement pas de faire l’historique de l’ostéopathie, ni même d’en aborder en détail les innombrables facettes. Pour cela, Google est votre ami, et vous le savez bien. Quelques liens intéressants sont répertoriés dans l’onglet Liens et Bibliographie de ce site.

DES ÉCOLES D’OSTÉOPATHIE SANS NUMÉRUS CLAUSUS :
BEAUCOUP D’APPELÉS ET PRESQUE AUTANT D’ÉLUS

Chacun peut constater que le nombre d’ostéopathes augmente de manière exponentielle au fil des ans et des mois, comme en témoigne la simple consultation des pages jaunes sur Internet : En juillet 2018 ce ne sont pas moins de 1016 ostéopathes qui sont répertoriés dans le seul département du Rhône, dont 347 rien qu’à Lyon.  Une misère, lorsqu’on sait que Paris en dénombre 1255 !

Un petit suivi consultatif régulier dans le Rhône depuis la naissance de ce site en 2012 montre qu’ils étaient 679 en janvier 2013, 693 en décembre 2013, 704 en mai 2014, 744 en octobre 2014, 762 en février 2015, 819 en octobre 2015, 855 en février 2106, et 911 en octobre 2016 !  La barre des 1000 praticiens pour un département aussi petit que le Rhône a été fanchie en septembre 2017.

Aux côtés de cette profession depuis déjà longtemps à saturation, seulement 40 docteurs en médecine dans le Rhône, généralistes, rhumatologues ou médecin du sport, tous titulaires d’un Diplôme Universitaire de médecine manuelle-ostéopathie (DIU), et dont à peine la moitié a un exercice vraiment exclusif de l’ostéopathie et des traitements manuels articulaires ou tissulaires. A Lyon, ville de 514 707 habitants, on ne dénombre que 17 médecins répertoriés à la rubrique médecine manuelle-ostéopathie.

Jusqu’en 2002, l’ostéopathie était illégale en France sauf si elle était pratiquée par un Docteur en Médecine.

Quant aux médecins qui veulent acquérir le titre d’Ostéopathe, ils doivent retourner à la Faculté de Médecine pendant 3 ans, pour y préparer et réussir l’examen du DIU (Diplôme inter-universitaire) de Médecine Manuelle-Ostéopathie. Ce diplôme garantit une formation théorique relativement solide, mais s’avère vraiment très limité sur le plan pratique. Mon avis personnel est d’autant mieux forgé sur cette question que j’ai passé moi même ce diplôme alors que j’exerçais exclusivement en tant que médecin les techniques de soin manuelles depuis 8 ans. Il est ainsi absolument illusoire d’en exploiter immédiatement les acquis pratiques en cabinet, sans suivre par la suite des enseignements complémentaires pendant plusieurs années dispensés par des structures d’enseignement privées de Médecins Ostéopathes (GEMO, SFO, SFMM…).

Beaucoup de médecins l’ont passé, et très rapidement ont complètement laissé tomber la mise en pratique les années suivantes, avec pour cause vraissemblable principale la proliférarion des ostéopathes DO.

Du reste, en 2018, le nombre des médecins qui s’y inscrivent se réduirait de plus en plus. Quel intérêt, au bout du compte, à refaire trois ans d’études pour n’avoir quasiment aucun horizon sur une patientèle diluée et désorientée ? 

Que sont devenues toutes les autres, et surtout, où en sont actuellement les cohortes de jeunes gens qui ont payé très cher leur  » formation  » dans de telles écoles ? 

Ainsi, il reste encore en 2017 que l’enseignement et la formation pratique prodigués au sein des écoles d’ostépathie sont encore loin d’être homogènes. Pour un même diplôme, la durée de formation a été fixée à 4860 heures, et la validation du diplôme reste sanctionnée par des examens sans numerus clausus (concours). Il suffit de payer… cher !  Environ 8000 à 9000 euros l’année. Pour la rentrée 2016-2017,  la capacité d’accueuil de ces écoles d’ostéopathie agréées était de 11 154 places pour toute la France. On croit rêver. 

A titre de comparaison, seulement 8124 futurs médecins accueillis en 2017 par l’ensemble des 26 Universités de Médecine française exerceront  au final, et pas avant… 2026 !

Ainsi, des milliers d’étudiants en ostéopathie continuent donc de se retrouver à chaque fin de cursus en état d’exercer leur art, avec en poche un diplôme qui ne leur offre aucune faculté de prescription de médicaments ni d’examens de biologie ou d’imagerie en vue d’affiner leur pratique décisionnelle

OSTÉOPATHES DO, KINÉSITHÉRAPEUTES,
REBOUTEUX, MAGNÉTISEURS, GUÉRISSEURS,  MÉDECINS :
TOUT LE MONDE DANS LE MÊME PANIER DU NUMÉRO ADELI

Aux Ostéopathes DO, il faut rajouter certains kinésithérapeutes, qui exerçaient l’ostéopathie de manière illégale depuis longtemps,et qui ont simplement procédé à la validation de leur titre d’ostéopathe en fournissant à l’ARS des preuves d’ancienneté de pratique (plus de 5 ans d’exercice).

 

Il faut savoir qu’il en va exactement de même pour d’autres thérapeutes, ni médecins, ni kinésithérapeutes, ni ostéopathes de formation, qui ont pu valider de la même manière leur pratique de l’ostéopathie et obtenir ainsi le titre d’Ostéopathe (et non celui d’Ostéopathe DO) assorti d’un numéro Adeli, faisant ainsi d’eux des professionnels de santé. C’est ainsi que l’on a pu voir, dès le début des années 2000, d’authentiques rebouteux rentrer dans le rang officiel, en justifiant leur ancieNneté d’au moins 5 ans dans le métier, et en produisant a l’ARS ( Agence Régionale de Santé) des lettres de patients, voire toute preuve attestant leur collabortion et leur échanges avec le milieux médical. 

( Eh oui, ce genre de collaboration peut effectivement se rencontrer : Saviez-vous que le service très réputé des Brûlés de l’Hopital St Joseph à Lyon collabore régulièrement avec plusieurs « coupeurs de feu » ? ) 

Quant aux médecins qui veulent acquérir le titre d’Ostéopathe, ils doivent retourner à la Faculté de Médecine pendant 3 ans, pour y préparer et réussir l’examen du DIU (Diplôme inter-universitaire) de Médecine Manuelle-Ostéopathie.

Ce diplôme garantit une formation théorique relativement solide, mais s’avère vraiment très limité sur le plan pratique. Mon avis personnel est d’autant mieux forgé sur cette question que j’ai passé moi même ce diplôme alors que j’exerçais exclusivement en tant que médecin les techniques de soin manuelles depuis 8 ans.

Il est ainsi absolument illusoire d’en exploiter immédiatement les acquis pratiques en cabinet, sans suivre par la suite des enseignements complémentaires pendant plusieurs années dispensés par des structures d’enseignement privées de Médecins Ostéopathes (GEMO, SFO, SFMM…).

Beaucoup de médecins l’ont passé, et très rapidement ont complètement laissé tomber la mise en pratique les années suivantes, avec pour cause vraissemblable principale la proliférarion des ostéopathes DO. Du reste, en 2017, le nombre des médecins qui s’y inscrivent se réduirait de plus en plus. Quel intérêt, au bout du compte, à refaire trois ans d’études pour n’avoir quasiment aucun horizon sur une patientèle diluée et désorientée ? 

DES TECHNIQUES DE SOINS SOUVENT
TRÈS DIFFÉRENTES D’UN THÉRAPEUTE À L’AUTRE

Il est donc bien difficile de s’y retrouver et de faire un choix entre les différents thérapeutes, et toutes les variétés de techniques ostéopathiques qu’ils pratiquent.

 On dénombre en effet un très grand nombre de techniques différentes : ostéopathie crânienne, ostéopathie viscérale, ostéopathie structurelle, ostéopathie fonctionnelle, ostéopathie cranio-sacrée, fasciathérapie, microkinésie, techniques d’écoute, techniques de mobilisations, techniques musculaires, techniques énergétiques, techniques émotionnelles, techniques myotensives, réflexothérapie, digitopression, sans oublier la chiropraxie, (du grec kheir, main, et praktikos, faire) qui est assimilable à des traitements mécaniques articulaires essentiellement destinés à la colonne vertébrale.

Le terme « d’ostéopathie » est aussi bien trop souvent amalgamé avec la notion de « médecine douce ».  

C’est vrai, puisque le concept de l’ostéopathie est basé sur les capacités d’auto réparation de l’organisme.

Néanmoins, certaines personnes s’imaginent aussi, et bien entendu à tort, qu’une séance d’ostéopathie est synonyme d’un « instant bien-être », et qu’elle revêt obligatoirement des aspects agréables et de détente, comme une séance de modelage corporel dans un salon d’esthétique, où les soins sont dispensés dans les effluves d’encens, de fleurs de lotus, baignés d’une musique douce !!    Dans le même ordre d’idées, est-il nécessaire de préciser qu’en principe, on ne doit pas avoir recours à l’ostéopathie à la même fréquence qu’à celle de son coiffeur ?

Le traitement manuel « ostéopathique », qui par définition doit être d’une innocuité parfaite, relève obligatoirement de bonnes indications, déterminées par l’anamnèse c’est-à-dire l’interrogatoire du patient, l’histoire de son problème, associé à un examen clinique médical complet et à l’étude attentive éventuelle des examens para cliniques (radiographies, scanner, I.R.M., résultats biologiques, etc.).

SEUL LE MÉDECIN OSTÉOPATHE
À LA POSSIBILITÉ DE PRESCRIRE DES MÉDICAMENTS  ET DES EXAMENS

Pour cette raison, vous avez l’assurance en consultant un Ostéopathe Médecin d’avoir non seulement l’élaboration d’un diagnostic, mais AUSSI ET SURTOUT D’UN DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL c’est-à-dire les maladies ou les affections pouvant mimer une douleur banale qui serait liée à tout autre chose qu’un dysfonctionnement simplement résorbable par une intervention manuelle.

C’est aussi ce même médecin ostéopathe qui lui seul peut entreprendre de traiter manuellement la colonne cervicale. Il faut savoir que les ostéopathes DO n’ont légalement pas le droit de toucher au rachis cervical sans l’aval d’une prescription médicale écrite.

Ce dernier sujet ô combien important, est très largement développé dans la partie de ce site qui traite des pathologies du cou.

  • En d’autres termes, une douleur du dos légère présente depuis 5 mois peut résulter d’un cancer du rein, des sensations de fourmillements dans une fesse peuvent être la conséquence d’une tuberculose osseuse… J’ai rencontré ces deux exemples en 2012 chez des patients consultant l’un par bouche à oreille, et l’autre par hasard et par le biais de l’annuaire. Tous deux avaient déjà eu recours à des ostéopathes qui les avaient manipulés plusieurs fois sans la moindre arrière-pensée. Aucun des deux n’avait vu récemment son médecin traitant habituel…
  • En mars 2013, un monsieur de 57 ans, ancien fumeur, m’a consulté pour des maux de tête, espèrant un traitement en traction cervicale, le même que celui qui avait guéri une de ses voisines 3 ans avant de pseudo-migraines très anciennes. Interrogatoire,auscultation des carotides, prescription d’un doppler en urgence obtenu dans la matinée. Ce patient a été opéré dans la semaine d’une sténose (= rétrécissement du diamètre) des artères carotides, bouchées par des dépôts d’athérome.  Que serait-il arrivé s’il avait été manipulé ? 
  • En juin 2013, je constate à l’examen clinique chez une patiente que je vois une fois par an depuis des années une petite asymétrie des pupilles, alors qu’elle ne se plaint de rien de bien spécial en dehors d’une banale lombalgie, d’apparition récente après une chute quelques jours avant. Prescription d’une IRM cérébrale en urgence, diagnostic de métastases cérébrales débutantes d’un cancer très rare, un mélanome gastrique. Cette pauvre patiente a pu rapidement bénéficier d’un traitement spécifique (Zelboraf®) qui lui a permis de gagner plus de 2 ans de vie. Elle n’est malheureusement plus à ce jour, mais ce sursis lui a permis en toute conscience d’organiser une fin digne et non précipitée. En aurait-il été de même elle avait bénéficié  « d’un peu d’ostéopathie crânienne pour son stress »  pendant encore des mois et des mois ? 

En résumé, s’adresser et faire confiance à un médecin spécialisé en ostéopathie, c’est avoir beaucoup plus la certitude de ne pas s’égarer inutilement voire dangereusement dans des traitements manuels, alors que la cause de la douleur résulte d’une autre pathologie médicale ou chirurgicale potentiellement grave.

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